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Requiem pour nos races - deuxième partie

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Requiem pour nos races - deuxième partie

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Dans la première partie, j'ai expliqué qu'un certain nombre de races françaises et anglaises de chiens d'arrêt sont dans une situation désespérée dans leur propre pays. Dans cet article, je voudrais regarder de plus près la situation en France.

Actuellement, près de 225 000 chiens sont inscrits chaque année en France, soit trois fois le nombre annuel en Allemagne. Aux États-Unis, les inscriptions AKC sont en chute libre, mais en France, les chiffres continuent d'augmenter. De toute évidence, les Français aiment les chiens de race et les chasseurs français préfèrent chasser avec un chien d'arrêt. En fait, la France est la seule nation sur la planète où l'on trouve plus de 30 races de chien d'arrêt, étrangères et domestiques, localement. Les statistiques d'inscriptions des races publiées par la SCC révèlent également que dans presque tous les groupes de la FCI, les races les plus populaires sont de l'extérieur.

Les races les plus populaires par groupe FCI
Groupe 1 : Berger allemand, malinois, berger australien
Groupe 2 : Berger bernois, chien de cour italien, boxer
Groupe 3 : Yorkshire-terrier, terrier Staffordshire américain, terrier Jack Russel
Groupe 4 : Teckel
Groupe 5 : Husky sibérien, spitz, samoyède
Groupe 6 : Beagle, basset Hound, basset fauve de Gascogne
Groupe 7 : voir la liste détaillée ci-dessous
Groupe 8 : Golden retriever, labrador, cocker spaniel
Groupe 9 : Épagneul cavalier King Charles,  bouledogue français, chihuahua
Groupe 10 : Whippet, lévrier italien, barzoï

Groupe 7 : (nombre approximatif d'inscriptions annuelles 1969-2016 *races françaises)
1000 + / an
Setter anglais 4600
*Épagneul breton 4500
Braque allemand 1800
Pointer 1400
Braque de Weimar 1200
*Griffon korthals 1200
500 + / an
Drahthaar 900
Setter Gordon 800
*Épagneul français 600
*Braque français 500
Petit Munsterlander 500
100 + / an
Setter irlandais 400
*Braque d'Auvergne 325
Vizsla 200
*Épagneul bleu de Picardie 100
Moins de 100 / an
*Épagneul picard 85
*Épagneul de Saint-Usuge 73
*Braque du Bourbonnais 65
*Braque Saint-Germain 64
Barbu tchèque 40
Viszla à poil dur 40
Braque portugais 20
Braque italien 18
Grand Munsterlander 16
Setter irlandais rouge et blanc 10
Chien d'arrêt allemand à poil long 15
*Épagneul de Pont-Audemer 23
*Braque de l'Ariège 10
Pudelpointer 10
Spinone 9
Chien de perdrix de Drenthe 8
Braque slovaque à poil rude 2
Braque de Burgos 2

En moyenne, les éleveurs français inscrivent plus de 15 000 chiens d'arrêt chaque année, et certaines des races françaises se portent très bien. L'épagneul breton est le deuxième chien le plus populaire en France et figure sur la liste des 30 races les plus populaires au monde. Le griffon korthals, l'épagneul français et le braque français semblent également en bonne position. Cependant, en ce qui a trait à plus de la moitié de toutes les races françaises de chiens d'arrêt, soit 6 sur 11, on compte moins de 100 inscriptions par an, un nombre généralement accepté comme étant le minimum pour qu'une race reste viable.

On estime que parmi toutes les races de chiens au monde, 17 % ont moins de 100 inscriptions par an. Parmi les races françaises de chiens d'arrêt, c'est plus que 50 %. Qu'est-ce qui peut expliquer de telles divergences? Pourquoi certaines races françaises ont-elles plus de succès alors que d'autres arrivent à peine à subsister?

Se pourrait-il que certaines races soient simplement meilleures que d'autres? Je ne pense pas. J'ai écrit mon point de vue sur cette question ici et ici et j'en suis venu à la conclusion que si nous voulons vraiment comprendre la situation d'une race aujourd'hui, nous devons regarder l'histoire, la géographie, la politique, les clubs de race, les sociétés canines et un tas d'autres choses, dont la plupart n'ont aucun rapport avec l'efficacité de la race en tant que chien de chasse.

La baisse du nombre de chasseurs en France en est-elle la cause? Peut-être. Le graphique ci-dessous montre un déclin relativement rapide du nombre de chasseurs en France au cours des 40 dernières années et une augmentation massive du nombre total de chiens inscrits au LOF (toutes races confondues). En revanche, le nombre de chiens d'arrêt est resté plus ou moins stable, mais le pourcentage des inscriptions globales a diminué. En 1970, près de 10 % des chiens enregistrés en France étaient des chiens d'arrêt. En 2016, ce nombre avait chuté à un peu plus de 2 %.

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Si nous examinons les chiffres de plus près, nous commençons à voir des indices que le déclin de certaines races peut en effet être dû à la baisse du nombre de chasseurs en France. Le graphique ci-dessous montre les inscriptions annuelles moyennes en France pour les races françaises et anglaises de chiens d'arrêt les plus populaires. Nous voyons que depuis la fin des années 1990, la plupart des races françaises, incluant l'épagneul breton, ont vu leur nombre diminuer à un rythme croissant. Parmi les races britanniques et irlandaises, le pointer a également connu un déclin, mais le setter anglais continue à surpasser toutes les autres races, dépassant l'épagneul breton, comme le chien de chasse le plus populaire parmi les chasseurs français au début des années 2000. Aujourd'hui, le setter anglais, classé comme « race vulnérable » dans sa patrie, est le 19e plus populaire de toutes les races au monde!

Comme je l'ai soutenu dans un article précédent, une fois qu'une race atteint un certain niveau de popularité (les économistes parleraient de « pénétration du marché »), elle génère une énorme quantité de ventes simplement à cause de sa popularité. Et cette dynamique peut se développer à un point où une seule race peut obtenir un quasi-monopole sur le marché. Cela semble être la situation avec le setter anglais en France et ailleurs en Europe. Pendant plus de 100 ans, dans tous les coins de la France, les chasseurs français à la recherche d'un chien d'arrêt avaient certainement soit des amis, soit des membres de la famille qui chassaient avec des setters. Il y avait peut-être même dans leur région une personne qui avait une portée de chiots setter à vendre. Alors pourquoi ces chasseurs choisiraient-ils une autre race, sans parler d'une race rare qu'ils n'avaient jamais vue auparavant? Après tout, certaines races françaises sont si peu connues que même dans la région où elles se sont développées, de nombreux habitants n'ont jamais entendu parler d'elles.

Quand ma femme et moi avons visité Pont-Audemer, la ville pour laquelle l'épagneul de Pont-Audemer a été nommé, nous avons été surpris de constater que les résidants que nous avons rencontrés n'avaient jamais vu un « Ponto ». Ils ne savaient même pas qu'une telle race existait. J'ai entendu des histoires semblables d'amis visitant d'autres régions de France où ils s'attendaient à ce que les chasseurs locaux connaissent au moins la race régionale. Hélas non! Ils n'y ont vu que des hommes et des femmes trop occupés avec leurs setters anglais pour s'intéresser au braque ou à l'épagneul « du pays ».
 

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Voici un autre graphique. Il montre les inscriptions annuelles moyennes des races françaises les plus rares entre 1969 et 2016. Ce qui ressort en premier est que les races françaises rares semblent être sujettes à des cycles d'expansion et de récession où leurs effectifs augmentent d'année en année, mais plongent un peu plus tard. Bien sûr, les hauts et les bas reflètent simplement le fait qu'une ou deux portées de plus par an pour une race enregistrant moins de 100 chiens par an peuvent entraîner un saut immédiat de 20 % ou plus. Mais il suggère également que les éleveurs des races les plus rares produisent des portées occasionnellement et très peu de ceux qui achètent leurs chiots finissent par lancer leurs propres élevages par la suite.

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Quelque chose semble s'être produit dans les années 1990 et au début des années 2000. Dans la première moitié des années 1990, des programmes pour rescuciter le braque de l'Ariège et l'épagneul de Saint-Usuge ont été officiellement mis en place et les efforts entrepris dans les années 1970 pour relancer le braque du Bourbonnais ont porté leurs fruits. Même l'épagneul de Pont-Audemer et le braque Saint-Germain semblaient être à la hausse à l'époque. Cependant, vers la fin des années 1990 et au début des années 2000, la majorité des races de chiens d'arrêt ont vu leur nombre diminuer.

Il y avait toutefois quelques exceptions. Au début des années 2000, pendant que la plupart des races françaises étaient en déclin, l'épagneul de Saint-Usuge, une race non reconnue par la SCC jusqu'en 2002, a dépassé trois vieilles races françaises. De plus, les effectifs de l'épagneul bleu de Picardie ont continué d'augmenter au cours des années 1990, mais ils se sont stabilisés après 2000 et ont commencé à décliner autour de 2010. Puis, en 2015, l'épagneul picard a dépassé le Bleu pour la première fois depuis le début des années 1990. En effet, 2017 a peut-être été une année record pour le Picard avec plus de 200 inscriptions pour la première fois de son histoire.

Alors comment quelques rares races françaises ont-elles réussi à augmenter leur nombre alors que la plupart des autres ont décliné? Dans mon prochain article, je vais offrir une explication possible. Si j'ai raison, cela peut offrir de l'espoir aux races pour lesquelles on continue à se battre. À suivre donc dans la troisième partie.